Embarqués

Voilà, c’est fait. Pas encore partis, mais on y croit.

Nous avons bien fait d’attendre, nous avons un très beau bateau (oh, oh !).

On vous racontera ça en détails, deux ou trois photos et hop. Euh, les gens sur les photos, je sais pas si c’est, je crois qu’ils veulent rester anonymes, chuuuttt !

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En partance

Il fait un temps épouvantable. Depuis une semaine que nous sommes ici, il a dû tomber plus d’eau que dans les 6 mois précédents. C’est sur le mode giboulées, d’énormes averses qui peuvent durer 10mn ou deux heures, même si elles ont la courtoisie de tomber surtout la nuit. La pluie ne fait pas de claquettes Mr Nougaro, mais un solo de batterie sur le toit du camping car, avant hier soir, on n’entendait même plus distinctement le son de la TV (oui, on n’a qu’à prendre un livre).

Entre les averses il fait un temps frais, maxi 18°, avec ce vent atlantique quasi permanent qui caractérise la région du détroit de Gibraltar.

Ça, c’était pour ceux (et celles), nombreux sur les réseaux sociaux, qui nous disent à longueur de journée de rester ici au chaud à profiter de la mer et du soleil.

Au chapitre covid, les infos restent très positives comparées à la France, toujours 100 fois moins … Alors pourquoi on rentre ? Parce que. Voilà, merci aux donneurs de leçons de nous lâcher un peu.

Alors en partance ? Il semble bien. Le Abel Matutes qui va nous ramener est arrivé à Algeciras. Il doit passer sur Tanger à 16h pour un départ annoncé « vers » 18h30 qui risque fort de ne pas être tenu. On verra bien, j’essaierai de passer 3 lignes quand on partira. Arrivée samedi matin à Sète.

Naturellement il y aura un « trou noir » pendant la traversée jusqu’à ce que nous entrions dans le champ des relais GSM sétois. A bientôt de toute façon.

Il pleut encore … Ah non il ne pleut plus …

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Un pas, puis un autre …

Un pas donc, et même peut être deux. Et tout ça sans bouger d’un pouce.

Enfin, sans bouger le camping car. Parce que nous, on bouge. Entre les tournées d’eau propre (5 ce matin, 15 litres à chaque fois), les tournées d’eau sale (3), la vidange cassette, l’achat de carte Telecom, l’achat de pain, l’accès au pipiroom, j’ai dû faire deux ou trois kilomètres, oui, c’est très bon pour la santé, je ne me plains pas, j’explique.

Mais je digresse, je digresse … Un pas donc. Le bateau est arrivé à Sète. Un peu plus vite qu’annoncé (30 heures et non 47 comme certains médias prevoyaient). Sans grand confort, mais sans problème majeur selon notre copine Fabienne qui semble avoir débarqué (elle a des soucis de téléphone). Un contrôle médical a été fait et des autorisations de circuler distribuées. C’est un pas pour nous, parce que ça démontre que ça marche.

Et puis un autre : on nous a distribué nos billets pour le prochain bateau. Ce n’est malgré tout qu’un pas. Le suivant sera de quitter notre îlot de stationnement, où nous aurons finalement passé des moments assez sympas, pour aller au port. Mais ce ne sera qu’un pas. Nous sommes devenus prudents et dubitatifs.

LE pas, comme on m’écrivait récemment, ce sera quand le ferry larguera ses amarres avec nous dedans, on pourrait espérer ça pour jeudi. Mais nous n’espérons plus, nous attendons. Car, vu le numéro de cirque de dimanche pour remplir au maxi, vu que nous ne sommes plus qu’une quarantaine (drôle de mot 🤣🤣) ici, s’ils restent dans le même état d’esprit et si rien ne change (arrivée de nouveaux candidats volontaires pour se faire détrousser par Balearia), on n’est pas partis tout de suite.

Et ce matin, certains sont partis, entre 15 et 20 apparemment. Sans doute pour le camping d’Asilah, pas très loin, où, a priori, ils vont être confinés jusqu’à la fin. Certains qui n’ont pas voulu payer. C’est leur choix, nous le respectons. Nous en faisons un autre, nous aimerions aussi qu’il soit respecté.

Parce que ce mot « respect » semble bien malmené en ces temps de crise et nous sommes effarés des mots que nous lisons. Florilège :  » J’espère qu’ils ont payé leur voyage »; « restez où vous êtes on ne veut pas de vos microbes » ; « Fallait pas partir en vacances en camping-car vous seriez pas bloquer en espérant qu’il ne vous laisse pas revenir sur le territoire français » (sic); pauvres gens, comme je les plains d’avoir tant de peur et de porter tant de haine.

Il y a donc eu des contrôles sanitaires au débarquement à Sète. Et personne n’est malade. Quelle surprise ! Je ne critique pas les autorités dont l’action nous protège aussi des malentendus. Pourtant quel gâchis que ces contrôles. Personne ne semble savoir en France quel est le risque d’accueillir un camping car qui vient du Maroc. Pourtant il suffit de chercher les données, elles sont aussi disponibles et valables que celles des autres pays. Si je compte bien, le Maroc est mieux que 80 (quatre vingt) fois moins contaminé que la France. Si on ajoute que les Camping cars viennent pour la plupart du Sud où les chiffres sont encore plus bas ( il y a même des provinces « vierges » …

Alors soyez tranquilles, nous ne venons pas vous contaminer, nous rentrons chez nous, tranquillement, sans peur ni regret, avec beaucoup d’affection pour les Marocains qui nous ont si bien traités.

A demain, je vais faire quelques pas encore, autour du parking, ah oui, parce qu’il a plu comme promis, cette nuit et pendant la sieste (si !) et là, ça va mieux. Et puis ce soir, dans nos assiettes, déjà un petit air de France …

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Partis, restés

Je ne vais pas vous laisser avec ce suspense. Juste un rappel : alors que les Camping cars qui avaient choisi de partir hier avaient presque tous quitté le camp, vers 18h, nous apprenions brutalement que nous deux et 3 autres équipages (les plus vieux !) devaient aussi partir pour remplir le bateau (merci la compagnie de navigation légèrement avide).

Pendant que Anne se lançait dans une préparation de départ en catastrophe, je remontais le parking pour aller payer le billet (en plus …). C’est vrai que je n’y allais pas vite, car pas de bonne humeur, mais je n’eus même pas le temps d’arriver au « bureau », le chef me rattrapait pour me dire que nous étions « en tampon » au cas où il resterait des places à combler.

C’est dans cet état d’esprit proche de celui d’une pièce de monnaie posée sur la tranche, que nous finissions par nous décider à manger, sans grand appétit. Toutes les 5 minutes, une voiture officielle qui patrouillait sur le parking s’approchait de nous et on se disait « ça y est, c’est pour nous ».

J’ai un peu honte de dire ça parce que ça n’a quand même rien à voir, mais ça nous a donné à nous, enfants de la génération de la vie facile, une toute, toute, toute petite idée de ce que des gens qui craignent l’arrivée d’autorités autrement menaçantes peuvent subir comme tension.

Finalement, à 21h45, notre copine Fabienne, embarquée sur le bateau, annonçait qu’il était parti. Ouf.

Nous restons, avec nos copains. La suite est une inconnue totale, et au delà des rires, nous n’ignorons pas que pour la première fois de notre vie sans doute à ce point, c’est bien elle qui se joue là, une sorte de roulette russe.

La prochaine fois j’essaierai d’être un peu plus rigolo. On vous aime, à bientôt.

Le parking presque vide en soirée
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Premiers départs

Voilà, c’est fait, ils sont partis, enfin, en principe. Depuis ce matin, les dernières formalités se sont succédées et vers 14h les premiers mouvements se sont faits. Pas sans mal.

Parce que, comme pour tout ce que nous avons vu depuis que nous sommes ici, les Marocains savaient comment faire et avaient tout bien pensé. Sauf la bêtise humaine, et au premier plan celle des Français.

Déjà hier soir, certains avaient sournoisement quitté leur place pour se rapprocher de la sortie, se serrant comme des sardines dans le haut du parking. Et ce matin, dès qu’ils ont pu, ils ont démarré les moteurs et avancé centimètre par centimètre.

Naturellement, à ce régime, ils se sont trouvés en conflit à chaque coin d’allée et vas y que j’avance mon parechoc, et vroom je te bloque, et je serre bien pour laisser passer mon copain, une honte, vraiment une honte. Alors que les billets avaient été vendus sur place, que chaque partant avait un numéro scotché sur son pare-brise, qu’il n’y avait aucun doute que tous partiraient, et à la même heure, dans le ventre du bateau. Mais on ne sait jamais n’est ce pas, s’ils s’étaient trompés, les Marocains, alors j’avance pour que, s’il n’en reste qu’un, ce ne soit pas moi … ?

Sauf que les Marocains ne se sont pas laissés faire, ils ont encore une fois exécuté leur plan, démêlé le sac de nœuds à grands coups de sifflet et de voix énergiques et comme leur plan était bon, surprise, tout semble s’être bien passé, au moins jusqu’au départ nous n’avons pas encore de nouvelle de la suite.

Nous qui restons avons regardé ça avec une certaine tristesse devant cette frénésie. Puis le sourire est revenu parce que le Caïd (maire) nous a offert un couscous, juste à notre groupe, pour nous remercier de notre coopération et de notre bonne humeur. Alors nous avons encore une fois partagé le couscous en saluant les petits paquets de cc qui quittaient le camp encadrés par la police.

Notre copine Fabienne, qui a des soucis familiaux était parmi eux et c’était un peu triste de la voir partir. Nous lui souhaitons bonne route, elle est notre éclaireur.

Je m’aperçois en ajoutant les photos que j’ai oublié de dire qu’hier soir nous avons eu une toute petite averse avec un arc en ciel somptueux, suivi d’un coucher de soleil pas mal et que ce matin ce fut réveil au saxo avec pains au chocolat offerts par le chef, oui, encore.

Dernière heure (peut être) : au moment où j’allais publier cet article, le chef annonce qu’il faut remplir le bateau, et que le consul (c’est trop d’honneur) a décidé que 4 équipages du groupe doivent partir, et que ce sont les 4 plus âgés. La très mauvaise nouvelle, c’est que nous sommes assez vieux pour en être. Ben m… alors. Quel est le pire ? Devoir partir ou être vieux ? Le temps de monter au contrôle, contre ordre, nous sommes en sursis, peut être qu’on va rester. C’est infernal cette indécision depuis 10 jours, c’est usant, mais je l’ai déjà dit à la TV, on voit que ça a servi …

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Vers des départs

On s’était installés ici avec l’idée, peut être même l’espoir, que ça allait durer. L’espoir, ça peut vous surprendre. Mais d’une part nous vivons assez bien ici, nous ne manquons à peu près de rien, les risques de contamination sont infimes, nous avons de l’espace et la chaleur du groupe. Et d’autre part tout ce que vous nous dites de la France nous fait assez peur, pour le gain très symbolique d’être plus proches de certains qu’on aime sans pour autant les voir ou parler avec eux plus que d’ici …

Mais je l’avais annoncé, ça se confirme, nos marges de choix sont étroites.

Alors hier quand on nous a annoncé l’arrivée d’un bateau, ce fut d’abord une rumeur, puis une info officielle. Il va partir tout à l’heure. Le « comment » a été un gros sujet de la journée.

L’autre sujet c’est « qui part ». 220 camping car peuvent monter à bord. Nous sommes 280 parait il. Qui part ? Les plus âgés, les plus fragiles, les voitures, les familles avec enfants, c’est évident.

Comme d’habitude, le sujet a été discuté dans le groupe. Résultat, on ne veut pas partir, pas tout de suite, pas dans ce bateau où l’on voit se précipiter (aussi) les plus angoissés, les plus agressifs (oui c’est les mêmes), dans une frénésie qui nous fait peur.

C’était dit, c’était ok, ça a changé deux ou trois fois dans la journée, pas notre avis, mais la décision d’en haut (notamment parce qu’il faut remplir ce bateau, la compagnie, qui a triplé ses tarifs, ne veut pas perdre un centime). Finalement, il semble bien qu’il va partir sans nous, le prochain est annoncé pour jeudi, OK, on fera ça.

Mais d’abord, je vais déjeuner.

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Installation

Bonjour,

Comme je vous l’ai dit hier, nous sommes désormais installés. Nous sommes arrivés avant hier en fin de matinée sur ce parking près du port de Tanger Méd (voir page précédente). Lorsque nous sommes entrés sur le parking, quelques dizaines de CC étaient déjà là et chacun, chaque petit groupe, s’est installé comme il en a eu envie, sans respecter forcément le marquage, il y a beaucoup de français, ça explique. Nous avons choisi une implantation en double ligne à la queue leu leu avec une grande allée entre les deux. Le sol est un très beau bitume propre avec quelques graviers épars ; il est à peu près plat, juste une petite pente apte à évacuer l’eau de pluie (au premier plan des photos, c’est le terrain libre autour, qui sert notamment de boulodrome).

Quelques minutes après notre installation, un officiel est venu nous accueillir pour nous souhaiter la bienvenue et nous assurer que tout serait fait pour qu’on se trouve bien ici. Il a demandé des délégués (nous avons notre « chef » préféré, les autres je ne sais pas) pour aller deux fois par jour aux réunions avec les différentes autorités. Ses paroles n’étaient pas paroles en l’air. En quelques heures, nous avons vu :

  • l’arrivée de deux « algeco » comprenant 4 toilettes chacun (à l’européenne avec papier) qui ont été posés et raccordés aux réseaux (arrivée d’eau, évacuation) ; depuis une « dame pipi » a été missionnée qui passe son temps à désinfecter au fur et à mesure de l’usage.
  • 20200325_150850le passage de cosmonautes porteurs de pulvérisateurs qui ont copieusement arrosé les camping-cars jusqu’à un bon mètre de haut, en faisant soigneusement le tour des roues
  • 20200325_161913l’arrivée d’un commercant fruits, légumes, produits frais, cartes téléphone, suivi à quelques minutes par un boulanger/patissier (pain style marocain moyen, viennoiseries fort honorables) ; les deux se sont installés sur le trottoir et ont immédiatement débuté leur commerce. Le marchand de fruits a promis de la viande bientôt.
  • 20200325_161923la mise en place d’un point d’eau avec 4 robinets et un débit raisonnable d’une eau qui a l’air tout à fait fréquentable. Certains qui avaient commencé, faute de mieux, à recueillir l’eau de pluie ruisselant de leur véhicule dans la queue « frontière » ont poussé un ouf de soulagement.
  • 20200325_190102une petite équipe médicale qui a posé des questions à pas mal de monde, mais pas à nous ; cet « oubli » a été réparé aujourd’hui, ils nous ont demandé quels étaient nos pathologies et nos besoins en médicaments, et ont pris des photos de nos ordonnances de façon à approvisionner pour faire face à des besoins ultérieurs

C’était déjà pas trop mal et l’après midi se terminait après avoir vu beaucoup d’arrivées ; aux nouvelles de la réunion du chef, nous étions un peu plus de 300 équipages. Nous avions en plus appris qu’évidemment, toute sortie même à pied était interdite sauf pour deux cas : se rendre à la pharmacie et aller à la banque. Cette mesure, dont nous ne doutions pas, nous laissait une belle frustration, car le paysage est très tentant pour les amateurs de randonnées et la mer n’est même pas très loin. Mais nous sommes veillés par une bonne escouade de gendarmes royaux, très discrets, mais très présents.

Nous nous apprétions à dîner quand des hommes en uniforme sont venus nous demander de nous déplacer pour réaliser un rangement « conforme aux objectifs de la sécurité civile ». Courtois, mais fermes devant notre mécontentement lié en grande partie au fait que nous ne comprenions pas quel était le nouveau plan. Mais après quelques flottements, nous avons été rangés, tous ensemble au point le plus bas du parking où nous sommes très bien ma foi. La journée se terminait sans encombre même si le nouveau rangement des participants a semblé se pousuivre assez tard.

Hier matin, la matinée a commencé en douceur : le « chef » a toqué à la porte avec le pain frais et des pains au chocolat. Nous nous sommes réveillés dans un « camp » bien rangé ; ils savaient ce qu’ils voulaient et ils l’ont réalisé : des cc alignés côté à côte, pas trop collés, tout autour du parking, avec quelques lignes intermédiaires de cc « appuyées » sur des lignes de blocs de béton et de grands espaces entre ces lignes périphériques ou intérieures. Sur le plan ci-contre, les lignes bleues sont les emplacements de camping-car (la nôtre est celle tout à fait en bas au cas où vous ne m’auriez pas reconnu sur la photo). Les points rouges sont les commerces, les verts les WC, le mauve le point d’eau et le rectangle noir l’entrée et la police. Ah, j’ai oublié de dire que depuis le premier soir, il y a (à côté de la police) deux véhicules de pompiers avec leur personnel de garde. J’ai oublié aussi qu’il y a des grands conteneurs à poubelles fréquemment vidés. Et puis ils ont amené deux autres algeco : épicerie et boulangerie ont désormais un toit. Il faut se rendre à l’évidence : nous sommes accueillis selon un plan très complet, très réfléchi, où l’on n’a pas chipoté sur les détails et que beaucoup de pays européens hésiteraient sûrement à engager surtout aussi vite… Il paraît que le consul de France est passé.

La journée s’est passée vite finalement ; écrire la page de blog de l’épisode frontière, quelques tours de terrain pour voir l’évolution et garder la forme, quelques tours à l’eau, il faut faire la queue, oui, quand même. Quelques courses, ah oui, un commerçant est entré dans le camp et a fait des propositions « il vous faut quoi, je vous le trouve » ; une heure après il revenait avec tout ce qu’on avait demandé dans un chariot de super marché, il tient une boutique, un peu plus loin, et reprenait des commandes, il demandait un nom à toutes ses clientes, Anne c’était Aglou, plus simple pour lui. Au bout de quelques heures de ce manège ce qui devait arriver arriva ; à peu près sous nos yeux la police est venue lui expliquer qu’il y avait des commerçants agréés ici et qu’il n’en est pas. Je suppose qu’il faut payer pour ça …

Il y a eu beaucoup de papotages bien sûr, sur presque un seul sujet bien sûr, dans le groupe ou avec quelques autres, très à distance hors groupe, un peu moins « à l’intérieur », mais un peu plus chaque jour quand même, on sait pourquoi on est là. Quand même un apéro groupe vers 19h, un peu plus court, sans trop s’exhiber, sans chanter. Et puis j’ai dû encore bricoler quelques télés et téléphones, les copains me prennent pour un magicien, mais ça marche pas toujours …

Dans l’après midi, ils ont amené un camion avec une nacelle pour changer les ampoules grillées des réverbères. Celui à côté de chez nous a posé problème, il fallait changer des pièces qu’ils n’avaient pas, ils sont revenus à 11h le soir pour changer la pièce ; ici quand on fait, on fait. Entre temps le camion de lavage/désinfection était passé deux fois, matin et soir.

Nous avons passé une bonne nuit, malgré un peu de trafic camion sur l’autoroute, surtout perceptible le matin de bonne heure ; et aujourd’hui, ben pareil, ou presque : pas de pain frais ni de viennoiserie, un scandale, je sais pas si on va garder ce « chef » … Enfin bon, corvée d’eau, lavage des vitres du camping-car (et le côté droit de la carrosserie), oui, papotages, tour de camp. Assez tôt ils ont amené de grosse bobines de fil électrique, et voilà, ce soir, nous sommes branchés. Et puis le système de vidage des eaux usées dans l’égout, ça répandait des odeurs dont les plus proches camping-cars se sont plaints. Alors ils ont amené une grosse citerne et ils l’ont enterrée, c’est pas tout à fait fini, mais demain ça sera impeccable. Il y a aussi eu un camion de gaz : 100 Dh (10€) la bouteille 13 kg avec le gaz dedans … (on se ferait pas un peu voler en France ?). Le personnel du consulat est venu nous enregistrer. Bref, nous voilà installés, et on se dit que tout ça, ce n’est pas pour 3 jours …  Enfin, on verra bien. Désormais, nous ne pouvons qu’attendre, et faire attention, comme tous ceux autour de nous, comme vous en France, et dans les autres pays. Et pour tenir, il y a eu, quand même, des petits jeunes qui font du cirque, notre pâtissier qui fait un concert de saxo (il a un collègue plus haut qui joue de l’accordéon), des enfants qui font du skateboard entre des quilles de chantier, une dame anglaise je crois qui promène son briard en vélo, une partie de Mollky, une de belote, une session de Madison (c’est pratique pour respecter « 1 m ») … Je crois que nous avons de la chance, pourvu que ça dure. Et que nous ne pouvons que féliciter et remercier le Maroc pour tout ce qu’il fait pour nous, c’est extraordianire et je crois, j’espère que personne ne l’oubliera jamais.

Et le bateau ? On en parle.

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Jours de folie

Donc nous avons bougé. C’est une longue histoire qui a commencé disons dimanche 22 puisque nous avions raconté notre arrivée à Marrakech le 21. Nous partons de Marrakech en début de matinée (9h) pour une longue étape de 500 km qui devait nous conduire à Asilah, pas très loin sous Tanger. Dans la journée une information nous parvient : il est possible d’embarquer à Ceuta. Alors tant qu’à faire, allons à Ceuta et n’en parlons plus.

Nous arrivons vers 18h, il y a une file immense. Nous apprenons assez vite que la frontière va fermer à minuit pour ne plus réouvrir. A 21h, nous avançons d’une centaine de mètres.

Nous n’avancerons plus d’un centimètre jusqu’à hier matin.

Dans l’intervalle, vers 19h, je rencontre un homme qui fait voir la vidéo qu’il a tournée sur notre file, avec un commentaire assez pertinent sur nos problèmes. Il a des solutions pour diffuser sa vidéo, mais cherche à la diffuser plus encore. Nous échangeons nos adresses et je récupère la dite vidéo que je publie à mon tour notamment sur FaceBook. Il en découle 48h d’intense vie numérique où j’ai été inondé de mots de soutien, mais aussi, il faut le dire car ce n’était pas en petite quantité de messages de haine et de mépris sur le thème « vous avez voulu y aller, restez y on ne veut pas de vous » qui sont un peu durs à encaisser quand on ne cherche qu’à aider tout le monde.

Il faut quand même que je dise le nom de cet homme à l’origine du mouvement de ces journées. Il s’agit d’Alain Robin. Il est bien possible que vous le le connaissiez pas, pourtant vous le reconnaitriez, c’est le sosie (officiel) de Robin Williams, Mrs Doubtfire. C’est un homme sympathique et constructif que je suis heureux d’avoir connu. Merci Alain pour la confiance. Et après tout ça, il y a eu une autre personne qui m’a contacté en soirée pour me dire qu’il avait passé l’info à France 2, puis l’appel le matin de Claire Colnet de France TV, vite, lui faire des images, envoyer avant midi, la batterie est un peu basse, pas moyen de voir le journal, puis une avalanche de contacts en appel, sms, mail etc … qui disent m’avoir vu à la TV, c’est très sympa, assez nouveau, 5 secondes de télé nationale, quelle folie ! En tout cas, merci à Claire Colnet et à France TV (et à Dar Tiflet -pseudo Facebook- qui a établi le contact).

Après, le plus positif, c’est que ça commence à bouger ; le consul d’Allemagne vient dans l’après-midi, un représentant du consul de France aussi (si j’ai bien compris), ça discute, ça suggère, les gens sont assez remontés. Je me tiens un peu à l’écart de ça, j’ai beaucoup de réponses à faire sur le net, surtout de courtoisie, car les teigneux, je les laisse dans leur jus ; en plus, il fait un temps épouvantable (non, « déraisonnable, on aurait mis les morts à table ! » Léo Ferré). Attention, je ne dis pas que c’est notre action (Alain et moi) sur les réseaux, relayée par France 2 qui a tout débloqué, d’autres ont eu d’autres actions qui ont sûrement compté, nous n’en savons rien et peu importe.

En fin de soirée, le consulat annonçait que le port de Tanger-Mèd allait nous ouvrir ses parkings très bien équipés en attendant l’arrivée de bateaux, nous nous sommes endormis dans cette perspective, au bruit rugissant de la mer et de l’eau qui tombait sur nous depuis la nuit précédente sans discontinuer.

Hier matin donc, nous nous attendions à partir, tout en gardant beaucoup de méfiance pour ces parkings, prévus pour des camions, lourdement cadenassés d’énormes grilles … Finalement, le chef Jean nous suggérait d’aller au camping d’Asilah où on voulait bien nous accepter. Donc départ en file.

En arrivant au port « nous ne nous vîmes pas 3000 par un prompt renfort » (Corneille, Le Cid, plus ou moins), mais une longue file attendait l’accès aux parkings qui, contrairement aux infos de la veille, étaient résoluments fermés. Peu importe, nous continuions notre route malgré l’agressivité de certains camping-caristes qui craignaient que nous passions devant eux.

Las, au péage de l’autoroute, la maréchaussée nous refusait d’aller plus loin et nous conduisait, motard en tête là où nous sommes actuellement, si vous voulez voir où c’est : Nord 35°50’05.0″ Ouest 5°33’24.4″ ou sur cette vue GoogleMap, la grosse tâche grise sous le nom de Ksar Sghir dans la bretelle d’autoroute. Comme ça vous pouvez envoyer l’hélico.

Cet après midi, j’essaierai de vous faire un reportage avec photos sur notre installation.

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Parqués

Bonjour, quelques mots rapides pour donner des nouvelles, désolé pour hier soir nous avons été un peu occupés.

Quand je dis « parqués », ça a un côté pejoratif sans doute qui est abusif. Je devrais dire « stationnés ». Mais il y a un côté clos dans notre réalité qui m’a conduit à garder ce titre.

En deux mots nous avons bougé hier de la route du bord de mer à un immense parking non pas sur le port comme annoncé par le consul de France, mais au bord de l’autoroute juste en dessous de Tanger. Nous sommes plusieurs centaines de camping cars ici.

Depuis, le Maroc déploie une activité tout à fait remarquable pour installer notre séjour dans des conditions de confort et de sécurité optimales selon un plan très construit.

Je vous raconterai ça en détails dans la journée. Ce plan n’a que deux points noirs : pas question de sortir même à pied de notre « territoire » et les moyens déployés ne nous laissent pas beaucoup d’espoir d’une évacuation proche vers la France.

Je vous laisse, tout va au mieux.

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Bloqués

Bonjour, juste quelques mots, nous sommes bloqués à la frontière de Ceuta, les Espagnols ne veulent pas nous laisser entrer, nous sommes 300 camping cars sous un temps infâme, pluie, vent, froid (12°), aucune info, temps immobile, … Patience, patience. Matériellement, c’est assez correct, nous avons encore des réserves et une épicerie à 10mn à pied.

Nous gardons espoir de rentrer, mais il est aussi possible que nous soyons refoulés sur un parking ou camping qui se refermera derrière nous, jusqu’à la fin, mais quelle fin ?

Seul l’avenir dira peut être quelle était la bonne solution et bien menteur est celui qui aujourd’hui prétend la détenir … Allez, on vous aime et dés que le soleil reviendra on vous enverra des sourires, demain sans doute. On a des images d’hier assez jolies, on va vous trier ça.

Eh, on a vue sur la mer !!!
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